On connait depuis lundi les candidats à la présidence de la FIFA. Ils sont huit à briguer le poste actuellement occupé par Sepp Blatter, président démissionnaire. Qui sont-ils ? Quelles sont leurs chances ?

Le Cheikh Salman (Bahreïn)

Membre de la famille royale de Bahreïn, le Cheikh Salman était un fervent partisan de Michel Platini. Il s’est déclaré candidat dans les dernières heures avant la clôture des inscriptions. Ces derniers mois, son nom est accolé à des accusations d’atteintes aux Droits de l’Homme pour son rôle présumé dans la répression du soulèvement démocratique de 2011 au Bahreïn. Président de la confédération asiatique, il a été un fervent soutien de la Coupe du Monde au Qatar et a fait partie du groupe de travail chargé d’étudier son changement de saison. Il est également l’un des vice-présidents de la FIFA.


Ses chances : c’est un des grands favoris. Surtout si Michel Platini ne peut finalement pas se présenter. Il a le soutien incontesté de tous les pays asiatiques.

Michel Platini (France)

Triple Ballon d’Or, capitaine de l’équipe de France championne d’Europe en 1984, Platini est l’un des plus grands joueurs du football mondial. Après sa carrière, il a été sélectionneur des Bleus avant de se lancer en politique et d’intégrer les instances du football. En 1999, Sepp Blatter, tout juste élu président de la FIFA, le nommait conseiller spécial. En 2007, Michel Platini s’est émancipé du Suisse en devenant président de l’UEFA.

Ses chances : 50/50. Platini est le grand favori de cette élection. Même s’il fut un proche de Blatter, tout le monde le voit comme un crédible futur président de la FIFA. Mais le Français a été suspendu 90 jours pour une affaire présumée de corruption. Le grand adversaire du Français, c’est donc lui-même et la justice, qui pourrait l’empêcher de se présenter.
Les outsiders

Le Prince Ali (Jordanie)

Membre de la famille royale de Jordanie, le Prince Ali Al-Hussein est l’homme qui a fait trembler Sepp Blatter en juin dernier. Grâce au soutien de l’UEFA et de la confédération asiatique, le Prince de Jordanie avait poussé Sepp Blatter à aller au deuxième tour avant que ce dernier ne démissionne. Président de la Fédération jordanienne de football depuis 1999, le Prince Ali a été membre du Comité Exécutif de la FIFA.

Ses chances : Depuis juin dernier, ses chances de victoire se sont considérablement réduites. Avec la candidature de Platini et Infantino, l’UEFA ne lui apporte plus son soutien. De même que la confédération asiatique qui lui préfère son président le Cheikh Salman.

Gianni Infantino (Suisse)

Pour le grand public, c’est le chauve des tirages au sort de la Ligue des Champions et des autres compétitions européennes. L’Italo-Suisse est un ancien avocat arrivé à l’UEFA en 2000. Depuis, il a gravi les échelons pour devenir en 2009 le secrétaire général de l’instance européenne, soit le n°2 derrière Michel Platini.

Ses chances : c’est le plan B de l’UEFA. Michel Platini pour le moment suspendu, c’est son bras droit qui briguera le poste si jamais il ne peut pas se présenter. Sa candidature s’est décidée dans les derniers instants après que le premier appel de Platini ait été rejeté. Soutenu par l’ensemble des Fédérations européennes, il a toutes ses chances. S’il se présente... Car si Platini est blanchi, il se retirera certainement.

Tokyo Sexwale (Afrique du Sud)

Ce Sud-Africain n’a pas eu une vie facile. Homme politique, opposant à l’apartheid et membre de la branche armée du congrès national africain, il a été emprisonné avec Nelson Mandela. Ancien Premier Ministre, Tokyo Sexwale est depuis un homme d’affaires reconnu et administrateur de la fondation Nelson-Mandela. Membre de la FIFA depuis 2010, il était membre du Comité d’Organisation de la Coupe du Monde 2010. Depuis, il est membre du comité antiracisme de la FIFA et depuis le mois de juin, il est à la tête d’un comité de surveillance sur la Palestine et Israël.

Ses chances : Sexwale ne vient pas du football mais il est depuis plusieurs années à la FIFA. Homme politique et charismatique, il a toutes ses chances s’il obtient le soutien des fédérations africaines.
Pour eux, c’est mal parti

Jérôme Champagne (France)

Diplomate français, Jérôme Champagne est un ancien de la maison FIFA. Candidat en juin dernier, il n’avait pas pu se présenter, manquant du soutien des Fédérations. Conseiller international de Sepp Blatter de 1999 à 2002, secrétaire général adjoint de la FIFA entre 2002 et 2005, délégué du président de 2005 à 2007 et enfin directeur des relations internationales jusqu’en 2010, Champagne connait par cœur l’instance mondiale. Il a ensuite travaillé pour différentes fédérations comme celle de Chypre ou du Kosovo en tant que conseiller.

Ses chances : Elles sont minces. En mai dernier, il n’avait pas reçu le soutien minimum de cinq fédérations pour se présenter. Il en a huit aujourd’hui mais il faudrait un concours de circonstances énorme pour le voir élu. S’il connait très bien la FIFA, ses nombreuses années de collaboration avec Blatter ne jouent pas en sa faveur.

David Nakhid (Trinité-et-Tobago)

Avec Michel Platini, c’est le seul ancien joueur professionnel parmi les candidats. Ancien du PAOK (Grèce) ou des Grasshoppers (Suisse), David Nakhid compte 35 sélections avec Trinité-et-Tobago, dont il a été le capitaine. Il est connu à la FIFA pour avoir créé un centre de formation au Liban en 2006.

Ses chances : aucune. Il n’a aucune expérience dans les instances du football. Inconnu et proche de Blatter, deux défauts qui rendent impossible sa victoire en février.

Musa Bility (Libéria)

Homme d’affaires, Musa Bility est le patron d’une entreprise d’importation de pétrole et de ciment. Niveau football, il est le président de la Fédération libérienne de football depuis 2010.

Ses chances : aucune. C’est déjà un miracle que Bility ait reçu le soutien de cinq fédérations pour se présenter officiellement. Il n’a pas le soutien de la confédération africaine qui lui préfère Sexwale.