L'explosif latéral droit de la Guinée est revenu sur la rencontre face à la Côte d'Ivoire, le coup de sang de Gervinho mais également sur les objectifs du Syli National.
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Baïsama Sankoh, quel est votre sentiment après le match nul face à la Côte d’Ivoire (1-1) ?
Dans l’ensemble, on a fait un bon match. Il nous a manqué du réalisme devant pour tuer le match lorsqu’ils étaient à dix. C’est vraiment dommage. Sur le plan collectif, on était vraiment bien. Si on avait réussi à mettre ce deuxième but, on aurait pu passer une fin de match plus tranquille. On aurait du mieux gérer nos temps forts et mieux utiliser le ballon quand on avait la possession. On ne l’a pas fait. Ça va nous servir de leçon pour la suite de la compétition. Pourtant, ils étaient prenables. On a été à leur niveau. On s’est même montré supérieurs à certains moments. Ils ont de grosses individualités qui ont su faire la différence. C’est le football. La prochaine fois, on sera plus vigilant.


Avez-vous vu ce qu’il s’est passé avec Gervinho ?
Moi, je n’ai pas vu ce qui s’est passé, un peu comme tout le monde... J’ai vu Naby (Keita) au sol. Ensuite j’ai demandé à Wilfried Bony si Gervinho l’avait frappé et il m’a répondu que non. L’arbitre a sorti le rouge. Gervinho n'arrêtait pas de dire qu’il n'avait rien fait, qu’il ne l’avait pas touché… Le soir, quand j’ai vu les images, j’ai mieux compris ce qu’il s’était passé.

C’était votre adversaire direct. Vous avez plutôt bien négocié vos duels face à lui …
Oui cela s’est bien passé. C’est toujours intéressant de rencontrer des joueurs comme ça. Ça permet de progresser plus vite. À chaque match, c’est un nouveau challenge pour moi car quand je rencontre des joueurs comme lui qui jouent la Ligue des Champions et que j’arrive à faire de bons matchs. Je suis bien dans ma tête et ça me donne envie de continuer à me surpasser.
« Inconcevable de refuser la CAN »

Désormais, place à un nouveau gros morceau : le Cameroun. Un mot sur les Lions Indomptables ?

Tous les observateurs ne nous voyaient pas tenir tête à la Côte d’Ivoire. On l’a fait et on a montré de quoi on était capables. On a tous un point. On est tous au même niveau. Cette poule va être indécise jusqu’à la dernière journée. Le Cameroun est une très bonne équipe à l’image de la Côte d’Ivoire. Ils se reposent aussi sur leurs très bonnes individualités. Il va falloir être vigilant et ne pas les regarder jouer. Tout faire pour ne pas prendre de but d’abord puis tenter de se projeter en contre et marquer. Il faudra surtout garder le même état d'esprit.

Vous jouez peu à Guingamp. Cette CAN peut-elle vous permettre de rebondir ?
C’est une grande fierté et un honneur de jouer pour mon pays, la CAN est une grande compétition internationale. Aujourd’hui, je suis en Guinée, je ne suis pas à Guingamp. Je ne pense qu’à ma sélection même si je suis un peu les résultats de mon club. Quand je rentrerai à Guingamp, on verra. Je sais que la CAN est très regardée. Elle est diffusée mais je ne me prends pas la tête avec ça. Je ne joue pas que pour moi. On est une équipe. Si on fait une bonne compétition, tout le monde sera récompensé et, à ce moment-là, je penserai à mon avenir et à mon cas personnel.

Quel est l’objectif de la Guinée après la première journée ?
On ne se pose pas de questions par rapport à ça. On veut aller le plus loin possible. On a les qualités pour sortir de cette poule qui est très relevée. A nous de faire le boulot. Au moins atteindre les quarts de finale, après on verra.

Comment avez-vous accueilli la sélection de Bouna Sarr puis son refus ?
Moi, je ne m’en suis pas tout de suite rendu compte. Après j’ai vu qu’il a préféré rester dans son club (Metz). C’est son choix, il fait ce qu’il veut. Participer à une CAN, ce n’est pas donné à tout le monde donc refuser d’y participer pour moi, c’est inconcevable. C’est sa décision, on la respecte. Pour tout vous dire, on n’en a pas même pas parlé entre nous.

Propos recueillis par Rafik Youcef