LES TOPS…

Les Djurtus réussissent l’exploit
Qui l’eut cru ? Au coup d’envoi des éliminatoires de la CAN 2017, au mois de juin 2015, la Guinée Bissau était 43eme en Afrique et 155eme mondiale. Un an plus tard, les Djurtus ont écarté la Zambie (3-2) au terme d’une rencontre riche en suspense, et sont assurés de terminer en tête de leur groupe. Ils disputeront la phase finale de la Coupe d’Afrique pour la première fois de leur histoire vierge de tout exploit jusqu’alors.

Pourquoi cette métamorphose ? Elément le plus ancien de la sélection, Bocundji Ca livre son explication à Football365 Afrique : « Cela vient de l’état d’esprit des dirigeants. Ils ont pris conscience que le football est important pour le pays, explique le milieu de terrain du Paris FC. Ils ne le considéraient pas comme une priorité jusqu’alors. Nous disposons d’éléments de qualité depuis longtemps, mais le soutien accru des officiels nous a aidés à convaincre des joueurs de rejoindre la sélection. » Qualifiée le même jour que son grand voisin sénégalais, la Guinée Bissau va enfin vivre une CAN autrement que devant un poste de télévision.

Des ténors au rendez-vous…
Après le Maroc, premier qualifié dès la quatrième journée au mois de mars, plusieurs autres anciens vainqueurs ont décroché ce mois-ci leur ticket pour la phase finale au Gabon. L’Algérie, qui s’est imposée au petit trot sur le terrain des Seychelles, le Cameroun, qui a su résister et protéger son but d’avance en Mauritanie, le Ghana, logique vainqueur d’une valeureuse Ile Maurice, et l’Egypte, qui a pris en Tanzanie les points qui lui manquaient, seront de la fête au Gabon en janvier prochain. Pour les Pharaons, il s’agira d’un retour après une disette de trois éditions. Avec pour trait d’union avec l’ère glorieuse des années 2006-2010 le gardien Ahmed El Hadary, toujours impressionnant dans sa cage à 43 ans.

Le Zimbabwe sauve l’honneur de l’Afrique australe

Une autre nation retrouvera les honneurs de la phase finale après une longue éclipse : le Zimbabwe. Absents du tournoi depuis 2006, les Warriors ont pris le meilleur sur des Malawites démobilisés (3-0). Avec 11 points ils sont en tête du groupe L et même en cas d’échec lors de la dernière journée à Conakry contre la Guinée, ils pourront au pire être rejoints par le Swaziland mais garderont la première place au bénéfice du goal-average particulier (une victoire et un nul lors de leurs deux rencontres). Comme un symbole, ce sont les trois joueurs les plus brillants en club cette saison, Knowledge Musona, Khama Billiat et Cuthbert Malajila, qui ont inscrit les buts des Warriors.

… ET LES FLOPS

Les anglophones à la trappe
Ces éliminatoires de l’édition 2017 ne sourient pas à tous les anciens vainqueurs. Les trois dernières nations anglophones à avoir remporté l’épreuve : le Nigeria (2013), la Zambie (2012) et l’Afrique du Sud (1996) ont loupé le coche. Si les Super Eagles, très mal partis, ont été éliminés sans combattre dans une poule tronquée par le brutal retrait du Tchad, si les Chipolopolo, vieillissants aux postes clés,  ont subi la loi de la Guinée Bissau, l’Afrique du Sud a de quoi éprouver des regrets. Condamnés malgré une victoire probante en Gambie (0-4), les Bafana Bafana n’auront pas toujours fait montre de cette capacité à fructifier leurs temps forts. La qualité de jeu fait beaucoup, mais ne fait pas toujours tout.

La Guinée et le Congo ne confirmeront pas
Tous deux quart-finalistes de l’édition 2015, la Guinée et le Congo ne participeront pas à la CAN 2017. Pour le Syli national de Guinée, c’est toute la campagne qui aura pris des allures de fiasco. Hypothéqués d’entrée par une défaite devant le Swaziland, les espoirs des coéquipiers d’Ibrahima Sankhon auront été définitivement ruinés par un nouvel échec face aux Swazis (1-0). Le signe que les leçons n’auront pas été retenues durant cette difficile année. Le choix d’un sélectionneur à l’engagement déficient (Luis Fernandez), son départ en cours de route, puis son remplacement trop tardif par Lappé Bangoura : tout pour la Guinée a relevé du « ni fait, ni à faire » depuis que Michel Dussuyer a quitté son poste, au printemps 2015. Autre équipe à ne pas s’être remise du départ de son coach, le Congo. Les Diables Rouges, revenus l’an passé en phase finale après une quinzaine d’années d’absence, n’auront pas existé sans Claude Le Roy.